Nos actualités

Actualités > Garantie décennale et travaux de reprise inefficaces : quels recours pour les propriétaires ?

Garantie décennale et travaux de reprise inefficaces : quels recours pour les propriétaires ?

Facebook
X
LinkedIn

Lorsque des désordres apparaissent après des travaux, la première réaction est souvent de faire intervenir l’entreprise pour qu’elle procède à des réparations.

Pourtant, il arrive parfois que ces réparations ne suffisent pas : les infiltrations persistent, les fissures réapparaissent ou de nouveaux problèmes se manifestent.

Dans ce contexte, le maître de l’ouvrage peut être amené à penser qu’il est protégé tant que l’entreprise intervient.

La réalité juridique est pourtant plus nuancée.


La garantie décennale et son fonctionnement

La garantie décennale protège le maître de l’ouvrage pendant dix ans à compter de la réception des travaux.

Elle concerne les désordres graves : ceux qui affectent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, comme des infiltrations importantes ou des problèmes structurels.

Ce mécanisme est très protecteur, mais il repose sur un délai strict.

Après expiration du délai de dix ans, il n’est en principe plus possible d’engager la responsabilité du constructeur sur ce fondement.


Les travaux de reprise ne prolongent pas la garantie décennale

Une idée largement répandue consiste à penser que l’intervention de l’entreprise pour réparer un désordre permet de prolonger la garantie décennale ou de faire repartir le délai.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

La Cour de cassation a précisé en 2021 que le délai de dix ans est un délai fixe, appelé délai de forclusion.

Elle a rappelé ce principe à plusieurs reprises et notamment par un arrêt du 9 octobre 2025 (n° 23-20.446).

Ce délai n’est ainsi pas interrompu si l’entreprise reconnaît sa responsabilité ou effectue des travaux de reprise.

Autrement dit, le simple fait de réparer ne permet pas de gagner du temps.

Cette règle peut avoir des conséquences importantes.

Un propriétaire peut constater un désordre, faire intervenir l’entreprise pour une réparation, puis découvrir quelques années plus tard que les travaux étaient inefficaces.

Si le délai de dix ans est dépassé, l’action fondée sur la garantie décennale n’est plus possible.


Les travaux de reprise peuvent-ils faire naître une nouvelle garantie ?

Dans certains cas, il peut exister un nouveau délai de garantie. Cela dépend de la nature des travaux réalisés.

  • Lorsqu’il s’agit de travaux importants qui constituent un véritable ouvrage, un nouveau délai de dix ans peut courir à compter de leur réception.
  • En revanche, lorsque les travaux se limitent à des réparations ponctuelles, comme un traitement local d’infiltration, il n’y a pas de nouveau délai décennal.

La situation reste attachée à la réception initiale.

Cette distinction est essentielle et donne souvent lieu à des discussions techniques, souvent tranchées par le tribunal après réalisation d’une expertise judiciaire.


Que faire lorsque les travaux de reprise sont inefficaces ?

Même lorsque la garantie décennale ne peut plus être invoquée, il reste parfois possible d’agir contre le constructeur, sur le fondement de la responsabilité contractuelle.

Cette action repose sur une faute de l’entreprise à ses obligations contractuelles.

Le constructeur peut avoir mal diagnostiqué l’origine du problème et réalisé des travaux inefficaces, sans traiter la cause de l’apparition des désordres.

Les tribunaux considèrent en effet que le constructeur qui intervient pour réparer est tenu à une obligation de résultat, ce qui signifie qu’il est tenu de faire disparaître le désordre.

Si le problème persiste, sa responsabilité peut être engagée.

L’action en responsabilité contractuelle court à compter des travaux de reprise, ce qui constitue donc un avantage par rapport à la garantie décennale. Le délai de prescription est de cinq ans.


Une analyse au cas par cas

Chaque situation est différente. Il est donc nécessaire d’examiner précisément les éléments du dossier :

  • la nature des travaux,
  • le rôle exact du constructeur,
  • les échanges intervenus
  • et les délais

Une expertise est souvent indispensable pour comprendre l’origine des désordres et apprécier la qualité des travaux réalisés.


Vous vous interrogez sur vos recours après des travaux de reprise inefficaces ?

Le pôle immobilier de KOVALEX vous accompagne dans l’analyse de votre situation et des actions envisageables.

La newsletter Kovalex

Inscrivez vous pour recevoir chaque mois nos dernières actualités

En vous inscrivant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Auteur

Marie Christine L'hostis pôle famille Kovalex

Marie-Christine L’Hostis

Avocat en droit immobilier
droit de la copropriété & assurance
droit de la propriété foncière
droit franco-allemand à Brest

Avocat Associé

Derniers articles de l'auteur

Dans le cadre du développement de son Pôle Immobilier, le cabinet d’avocats KOVALEX Brest recrute un·e Collaborateur-trice H/F....

Le 24 juin dernier le cabinet Kovalex a eu le plaisir d’assister à la présentation de la saison 2025/2026 du Quartz, Centre de Congrès de Brest. En tant que mécène...

MEMBRE DU RÉSEAU